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Analyse des membres du front

L’enseignement essentiellement méprisé ! Action le 10 février à Bruxelles

Publié le 9 février 2022
TOUS les per­son­nels de l’enseignement ont fait jusqu’à pré­sent beau­coup d’efforts. D’autant plus durant ces deux der­nières années en pleine crise COVID où cha­cun a fait preuve d’une adap­ta­bi­li­té exem­plaire face aux dif­fi­cul­tés du ter­rain (hybri­da­tion, port du masque, coût d’achat de celui-ci, dif­fi­cul­té d’aération des locaux, qua­ran­taine, abon­dance des cir­cu­laires sur la ges­tion du COVID à appli­quer de manière immé­diate, absences des élèves, rela­tions par­fois dif­fi­ciles avec les parents, dés­in­fec­tion des locaux, maté­riel inadap­té, télé­tra­vail aléa­toire…). Mal­gré cela, ils n’ont obte­nu aucune véri­table recon­nais­sance, ni aucune mesure digne de lut­ter effi­ca­ce­ment contre la pénurie.
Après plus de neuf mois de ges­ta­tion, les négo­cia­tions sec­to­rielles sont sur le point d’accoucher d’une coquille vide. Nous n’avons obte­nu aucune pro­po­si­tion concrète en réponse au cahier de reven­di­ca­tions remis en avril der­nier. Les maigres pro­po­si­tions envi­sa­gées concernent prin­ci­pa­le­ment des points d’accords pas­sés et non réa­li­sés à ce jour. Et par-des­sus le mar­ché, la volon­té du gou­ver­ne­ment est d’étendre la période des négo­cia­tions sec­to­rielles de deux à quatre ans. Il s’agit ni plus ni moins d’une rup­ture dans le cycle des négo­cia­tions bis­an­nuelles et d’une vio­la­tion de la légis­la­tion. Il est à noter que l’essentiel de l’enveloppe pro­po­sée devrait être consa­cré à l’augmentation de la par­tie fixe de la prime de fin d’année.
Ces 32 mil­lions ne consti­tuent donc pas un cadeau mais un rat­tra­page par rap­port à des mesures d’économie anté­rieures. Les per­son­nels ouvriers, admi­nis­tra­tifs ou de l’accueil temps libre, pour­tant essen­tiels eux-aus­si, attendent depuis long­temps une valo­ri­sa­tion baré­mique et des contrats pérennes.
À cela s’ajoute une sur­charge admi­nis­tra­tive tou­jours plus grande, une taille des classes trop impor­tante les empê­chant de sou­te­nir comme il se doit les élèves en dif­fi­cul­té, une ges­tion de la crise qui épuise les per­son­nels des éta­blis­se­ments, des inter­nats, des CPMS et des PSE. Ces der­niers exercent dans des condi­tions de tra­vail dégradées.
La crise a jeté une lumière crue sur le déla­bre­ment des bâti­ments sco­laires et sur le manque criant de maté­riel numérique.
Le Pacte pour un ensei­gne­ment d’Excellence qui se vou­lait une réponse sys­té­mique à tous les maux est aujourd’hui mis en œuvre de manière tota­le­ment dés­équi­li­brée. Il fait la part belle aux reven­di­ca­tions des fédé­ra­tions de PO. Les per­son­nels, eux, attendent tou­jours des avan­cées sub­stan­tielles pour amé­lio­rer leurs condi­tions de tra­vail et reva­lo­ri­ser leur métier. Si l’on veut répondre aux grandes ambi­tions du Pacte, il faut s’en don­ner les moyens et consi­dé­rer ceux-ci comme des investissements.
Dans l’indifférence géné­rale, les per­son­nels des éta­blis­se­ments d’enseignement ont été mis en situa­tion dan­ge­reuse pen­dant la pan­dé­mie de façon à lais­ser tour­ner le monde économique.
À l’indifférence vient s’ajouter le mépris de ceux qui pointent « l’absentéisme » des ensei­gnants et leurs « pri­vi­lèges » (DPPR, salaire, etc.).
Si l’enseignement est véri­ta­ble­ment essen­tiel, il va fal­loir le prou­ver ! Ce sont des réponses que les per­son­nels vien­dront exi­ger le 10 février devant le siège du gou­ver­ne­ment de la FWB.

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