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Analyse des membres du front

Un front social, écolo­gique et démo­cra­tique pour réin­ven­ter l’ave­nir ( Revue Contrastes Juillet-Août 2020)

Publié le 31 août 2020

Revue Constrastes par les Equipes popu­laires (juillet-août 2020) 

Depuis le début de la crise sani­­­­­­­taire, les visions du « monde d’après » se multi­­­­­­­plient, des plus conser­­­­­­­va­­­­­­­trices aux plus progres­­­­­­­sistes, des plus pessi­­­­­­­mistes aux plus opti­­­­­­­mistes. Ce qui semble clair, c’est que rien n’est gagné et que les espoirs les plus fous du début de crise seront le résul­­­­­­­tat d’un rap­port de force impo­sé par un large mouve­­­­­­­ment social. Aucune solu­­­­­­­tion n’est « neutre » en matière d’éga­­­­­­­lité et de jus­tice, par exemple. Il est trop tôt pour dispo­­­­­­­ser d’une photo­­­­­­­gra­­­­­­­phie de l’en­­­­­­­semble des dégâts écono­­­­­­­miques et sociaux posés par la pandé­­­­­­­mie. Quelles sont les capa­­­­­­­ci­­­­­­­tés de la gauche à « Faire front » pour propo­­­­­­­ser un nou­veau modèle de socié­té, pour inven­­­­­­­ter un ave­nir plus social et plus durable ?

Beau­­­­­­­coup de luttes sont anté­­­­­­­rieures à cette crise. Les reven­­­­­­­di­­­­­­­ca­­­­­­­tions pour un accrois­­­­­­­se­­­­­­­ment des moyens humains et finan­­­­­­­ciers dans les soins de san­té en sont un bon exemple. Diffé­­­­­­­rentes initia­­­­­­­tives ont vu le jour. La plus large coali­­­­­­­tion, à laquelle les EP adhèrent et qui rythme cette publi­­­­­­­ca­­­­­­­tion s’ap­­­­­­­pelle « Faire Front ». Elle regroupe des acteurs sociaux issus de nom­breux sec­teurs. Elle sou­haite tra­vailler dans la durée et deve­­­­­­­nir un lieu de conver­­­­­­­gence de luttes et un lieu de tra­vail com­mun, d’in­­­­­­­ter­­­­­­­pel­­­­­­­la­­­­­­­tion mais aus­si de sou­tien à des initia­­­­­­­tives por­tées par des frac­­­­­­­tions de cette coor­­­­­­­di­­­­­­­na­­­­­­­tion, voire d’autres acteurs. Un sec­teur asso­­­­­­­cia­­­­­­­tif fort et convergent est essen­­­­­­­tiel pour l’in­­­­­­­ter­­­­­­­pel­­­­­­­la­­­­­­­tion des poli­­­­­­­tiques. Cette conver­­­­­­­gence n’est jamais gagnée et auto­­­­­­­ma­­­­­­­tique. D’autres initia­­­­­­­tives de conver­­­­­­­gences sont essouf­­­­­­­flées. Il fau­dra jouer avec la volon­té d’unité et le res­pect des spéci­­­­­­­fi­­­­­­­ci­­­­­­­tés. « Faire Front » veille­ra à ce que les réponses don­nées par les pou­voirs poli­­­­­­­tiques ne soient pas celles des vieilles recettes de façon à abor­­­­­­­der les enjeux actuels mais aus­si à don­ner des réponses diffé­­­­­­­rentes. Lors de crises précé­­­­­­­dentes, sou­vent avec la compli­­­­­­­cité de par­tis de gauche, les gouver­­­­­­­ne­­­­­­­ments ont mené des poli­­­­­­­tiques d’aus­­­­­­­té­­­­­­­rité au détri­­­­­­­ment des tra­vailleurs et allo­­­­­­­ca­­­­­­­taires sociaux frap­­­­­­­pant sou­vent dure­­­­­­­ment les femmes.

Mais le refus des vieilles recettes n’est pas suffi­­­­­­­sant. La gauche doit pou­voir mettre à l’agenda des mesures concrètes qui s’ins­­­­­­­crivent dans une rup­ture avec le pas­sé en rencon­­­­­­­trant la néces­­­­­­­sité de la jus­tice sociale et clima­­­­­­­tique. Il s’agit de renfor­­­­­­­cer les droits dans une série de matières. Outre la sécu­­­­­­­rité sociale, il fau­dra aus­si tra­vailler à la dimi­­­­­­­nu­­­­­­­tion des écarts de reve­­­­­­­nus, à l’ac­­­­­­­cès à la culture ou à un loge­­­­­­­ment de qua­li­té, à la régu­­­­­­­la­­­­­­­ri­­­­­­­sa­­­­­­­tion des sans-papiers, à l’amé­­­­­­­lio­­­­­­­ra­­­­­­­tion de la démo­­­­­­­cra­­­­­­­tie et à de nom­breux autres chan­­­­­­­tiers indis­­­­­­­pen­­­­­­­sables.

Mais tout cela néces­­­­­­­site la construc­­­­­­­tion de stra­­­­­­­té­­­­­­­gies com­munes alors que la gauche ne repré­­­­­­­sente que 42% des élus au fédé­­­­­­­ral et que le patro­­­­­­­nat et ses alliés ont un autre agen­da qui est à l’op­­­­­­­posé de celui de la gauche. L’unité des progres­­­­­­­sistes deman­­­­­­­dera, au-delà de la formu­­­­­­­la­­­­­­­tion de propo­­­­­­­si­­­­­­­tions nova­­­­­­­trices et soli­­­­­­­daires, d’ins­­­­­­­tau­­­­­­­rer un rap­port de force indis­­­­­­­pen­­­­­­­sable pour avan­­­­­­­cer vers un « autre demain ».

AVIS AUX LECTEURS
Après deux numé­­­­­­­ros de Contrastes édi­tés au cœur de la crise sani­­­­­­­taire, nous avons choi­si de pour­­­­­­­suivre la réflexion sur l’après Covid au départ d’une ana­lyse large­­­­­­­ment parta­­­­­­­gée par le monde progres­­­­­­­siste belge fran­­­­­­­co­­­­­­­phone. Cette ana­lyse est le fruit d’une réflexion collec­­­­­­­tive de 500 person­­­­­­­na­­­­­­­li­­­­­­­tés et asso­­­­­­­cia­­­­­­­tions qui ont signé début avril une carte blanche inti­­­­­­­tu­­­­­­­lée Gérer l’ur­­­­­­­gence puis réin­­­­­­­ven­­­­­­­ter l’ave­­­­­­­nir.
https://plus.lesoir.be/291488/article/2020 – 04 – 01/­ge­rer-lur­gence-puis-rein­­­­­­­­ven­­­­­­­­ter-lave­­­­­­­­nir 

Mais ces asso­­­­­­­cia­­­­­­­tions ne comp­­­­­­­taient pas en res­ter à une simple décla­­­­­­­ra­­­­­­­tion dans la presse. Des syndi­­­­­­­ca­­­­­­­listes, des membres d’as­­­­­­­so­­­­­­­cia­­­­­­­tions, de collec­­­­­­­tifs, des citoyens enga­­­­­­­gés, ont déci­dé d’ap­­­­­­­pro­­­­­­­fon­­­­­­­dir la réflexion collec­­­­­­­tive en rédi­­­­­­­geant un « cahier des charges » et de lan­cer un front de luttes. Par­mi elles, les Equipes Popu­­­­­­­laires parti­­­­­­­cipent à cette démarche uni­taire qui vise à créer une force capable de concré­­­­­­­ti­­­­­­­ser des conquêtes sociales et une rup­ture écolo­­­­­­­gique.

En tant que parte­­­­­­­naires du Front, il nous a sem­blé impor­­­­­­­tant de parta­­­­­­­ger cette décla­­­­­­­ra­­­­­­­tion fonda­­­­­­­trice le plus large­­­­­­­ment pos­sible et de mettre en débat quelques enjeux impor­­­­­­­tants pour le monde d’après Covid : pour­quoi le modèle agri­­­­­­­cole actuel est-il inte­­­­­­­nable ? Com­ment réveiller la démo­­­­­­­cra­­­­­­­tie endor­­­­­­­mie ? La sécu­­­­­­­rité sociale est néces­­­­­­­saire, mais est-elle suffi­­­­­­­sante ? Com­ment faire mouve­­­­­­­ment social dans la durée ?

30 ques­­­­­­­tions (et plus) sont abor­­­­­­­dées dans ce dos­sier en marge de la décla­­­­­­­ra­­­­­­­tion du Front. Ces ques­­­­­­­tions ne sont qu’ef­­­­­­­fleu­­­­­­­rées et leur choix est arbi­­­­­­­traire ; bien d’autres peuvent être déve­­­­­­­lop­­­­­­­pées. A vous de pour­­­­­­­suivre l’exer­­­­­­­cice, seul.e ou en grou­­­­­­­pe… lorsque les condi­­­­­­­tions sani­­­­­­­taires nous permet­­­­­­­tront enfin de nous réunir pour pen­ser l’après Covid ensemble, et faire front dans les com­bats qui s’an­­­­­­­noncent dès la ren­trée sociale.

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